CIEL ANTERIEUR

Textes sur l'akasha

Ervin Laszlo

 

D'éminents scientifiques sont en train de découvrir une dimension nouvelle dans l'univers, appelé espace-temps physique, hyperespace, champ holographique ou ordre implicite. Cette dimension est associée à la mystérieuse mer d'énergie virtuelle appelée à tort " vide quantique " (c'est une erreur, car cette dimension profonde ne fait pas partie du monde quantique, mais le sous-tend ; et cet espace n'est pas vide, mais plein). Le vide unifié, en réalité plein cosmique, est porteur du célèbre champ du point zéro (CPO). Mais pas seulement du CPO : les théories de grande unification lui imputent tous les champs et toutes les forces de la nature. C'est le champ unifié que chercha Einstein à la fin de sa vie. 

 

Comme les scientifiques le réalisent désormais, le vide unifié, aujourd'hui largement connu sous le nom de champ unifié, est à l'origine et la destination finale de toutes les choses qui apparaissent et évoluent dans l'espace et le temps. Au cours de l'explosive naissance cosmique qu'a été le big bang, des paires de particules et d'antiparticules ont jailli du champ unifié, et elles continuent aujourd'hui de le faire dans des accélérateurs de particules, dans des processus stellaires et là où des énergies extrêmement élevées sont produites. Lors de l'effondrement final que sont les trous noirs, les résidus dégénérés des particules ayant survécu meurent et retournent dans ce champ, pour éventuellement réémerger plus tard en tant que paires de particules et d'antiparticules lors de la naissance d'un nouvel univers. 

 

Le champ unifié a peut-être un rôle encore plus fondamental. Notre univers n'est pas le seul qui soit. Les cosmologistes parlent d'une multiplicité d'entre eux émergeant au sein d'un méta-univers plus vaste, voire infini, encore appelé métavers. On est en droit de supposer que le champ unifié persiste au-delà de l'émergence et de la mort des univers : c'est la " scène " sur laquelle se déroule continuellement le spectacle de la naissance et de la renaissance cosmique. C'est le berceau et la tombe de tous les univers, y compris le nôtre.

 

Au regard de son rôle cosmique et de sa réalité universelle, le champ unifié est une redécouverte de l'ancien concept d'akasha. Dans l'Inde antique, ce mot sanskri signifiait " ciel cosmique ", équivalent de notre concept d'espace. Mais akasha faisait non seulement référence à l'espace au sens moderne du terme, mais également, et avant tout, aux sphères supérieures de la vie.  Les grands visionnaires hindous croyaient que tout jaillissait de la source cosmique qu'ils appelaient akasha et que tout y retournait. L'akasha était perçu comme le premier et le plus fondamental des cinq éléments, les autres étant vata (l'air), agni (le feu), ap (l'eau) et prithivi (la terre). Il était dit que l'akasha avait les propriétés des cinq éléments. De plus, on pensait qu'il conservait les traces de tout ce qui s'était jamais produit dans l'espace et dans le temps. L'akasha est la mémoire durable du cosmos : on parle d' " archives akashiques ".

 

Dans son classique, Râja-Yoga, voici comment Swami Vivekananda décrit le concept ancien de l'akasha :

 

" L'univers se compose de deux substances, l'une d'entre elles étant appelée akasha [l'autre étant le prana, une force énergisante]. L'akasha est l'existence omniprésente, universelle. Tout ce qui a une forme, tout ce qui est la résultante d'un mélange, provient de cet akasha. C'est encore lui qui devient air, liquide, solide ; c'est lui qui se transforme en soleil, Terre, en Lune, en étoiles, en comètes ; c'est lui qui devient corps humain, corps animal, plante, toute forme visible, tout ce qui peut être perçu, tout ce qui existe...

 

Au commencement de la création, il n'y a que cet akasha. A la fin du cycle, les solides, les liquides et les gazes fusionnent tous à nouveau dans l'akasha et la création suivante a elle aussi pour origine cet akasha. "

 

L'akasha, comme l'explique Vivekanenda, est si subtil qu'en soi, il dépasse la perception ordinaire. Mais quand il a pris une forme, nous pouvons le percevoir. C'est le monde " réel " qui nous entoure.

 

Il y a environ un siècle, le génie dissident Nikola Tesla a remis cette idée au goût du jour. Il a évoqué un " milieu originel " remplissant l'espace et l' a comparé à l'akasha, l'éther porteur de lumière. Dans un article non publié de 1907, " Man's greatest achievement ", Tesla indique que ce milieu originel, sorte de champ de force, devient matière quand le prana, ou énergie cosmique, agit dessus ; quand cette action cesse, la matière disparaît et retourne dans l'akasha. Ce milieu remplissant tout l'espace, tout ce qui s'y passe peut y être associé. 

 

Cette idée n'a pas été acceptée par la communauté scientifique à l'époque où elle a été articulée. Lors de la première décennie du XXe siècle, les physiciens embrassaient la théorie de la relativité einsteinienne, élaborée d'après des modèles mathématiques, selon laquelle le fondement de la réalité est un espace-temps quadridimensionnel ; ils refusaient de considérer que " l'éther ", ou autre, remplît l'espace (les recherches sur l'existence d'un hypothétique champ unifié sous-tendant l'espace-temps ont débuté plus tard). En l'absence de matière, l'espace est considéré comme un vide. C'est ainsi que la perception de Tesla est tombée dans l'oubli. Cent ans plus tard, on la redécouvre. "

 

(L'expérience akashique, Ervin Laszlo, Editions Véga, 2013, p. 11, 12, 13)

  



15/09/2013
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